Mahmoud ABBAS à Paris, le 13 juillet ?

Publié le par Michel M.VITAL-AÊT

Est-il encore permis de croire à l'Union Méditerranéenne, telle que le président de la République, alors candidat à la fonction suprême, en avait tracé les contours, lors de son discours de Toulon ?

L'opposition allemande à une union des seuls pays du pourtour méditerranéen a conduit à une "Union pour la Méditerranée" qui fait de la Lituanie ou du Danemark des membres à part entière de cette organisation dans une zone géographique où leur influence, leur présence, leur histoire sont inexistantes.

À l'inverse, voici que la France, apprend-on, qui, en vertu d'un principe de réciprocité tout aussi absurde que celui imposant les slovaques ou les lettons dans l'Union pour la Méditerranée, s'apprête à intègrer l'équivalent pour la Baltique du projet méditerranéen lancé par Nicolas Sarkozy. Nos diplomates ont gardé un sens des contreparties poussé jusqu'à l'absurde...

Khadafi, dont Antoine SFEIR, pourtant non taxable de complaisance vis-à-vis du guide de la révolution lybienne, affirme que le discours qu'il a tenu sur cette question à été caricaturé et tronqué dans les retranscriptions qui en ont été faites en Europe, a, paraît-il, validé publiquement le concept initial décrit à Toulon et dénoncé la dérive "communautaire" qu'il est en train de connaître, sous l'impulsion de la commission européenne.

Celle-ci refuse de laisser lui échapper la politique de coopération et de bon voisinage, ainsi que d'aides à projets, qu'elle a, outre le décevant processus de Barcelone, mis en place en Méditerranée.

Pourtant, l'optimisme ne doit pas nous abandonner, s'agissant de la création d'une Union Méditerranéenne de plein exercice, et non d'une structure croupion de l'UE.

Car, il est permis d'imaginer qu'un ou plusieurs des chefs d'État présents le 13 juillet à Paris, dont Sa Majesté Mohammed VI, roi du Maroc, prenne(nt) l'initiative de demander à ce que l'Union, créée ce jour-là, aille plus loin dans ses modes d'organisation que le dispositif édulcoré et noyé dans le bain anesthésiant de la commission européenne, que nous ont imposé les eurocrates.

D'autant que le concept présidentiel originel d'Union Méditerranéenne a fait éclore les initiatives émanant des sociétés civiles du pourtour méditerranéen, qui fusent désormais dans maints domaines, notamment universitaire.

Il faut donc espérer que la dynamique propre à l'Union pour la Méditerranée fondée le 13 juillet finisse par vaincre les obstacles mis à la constitution d'une vraie organisation internationale détachée de La tutelle débilitante de la commission de Bruxelles.

Il faudra néanmoins qu'une deuxième condition soit réunie : celle de La présence en son sein d'un État palestinien, et là, hélas... Au fait, l'Autorité Palestinienne sera-t-elle représentée à Paris le 13 juillet ?

La France en a-t-elle fait une condition du déroulement de cette réunion constitutive ? Si tel n'était pas le cas, la seule présence d'Ehud OLMERT aux cotés  des chefs d'État arabes sera effectivement génératrice d'un climat nécessairement peu propice à l'affirmation d'une ambition forte pour l'Union pour la Méditerranée.

Publié dans Actualité

Commenter cet article