Aux Tuileries ce matin...

Publié le par Michel M. Vital-Aêt

Traversée du jardin des Tuileries, par une splendide matinée de printemps...

Les marronniers sont déjà couverts de feuilles à peine extirpées de leurs bourgeons , en forme de minuscules paumes jointes ou plutôt semblables à des abeilles prêtes à l'envol, milliers d'abeilles dont les petites ailes striées et vertes seraient innervées d'une sève qu'on devine presque bourdonnante tant l'irruption de la vie printanière est puissante en ce 7 avril, sous un soleil enfin délivré de tout écran nuageux.

Foisonnement et ascendance dans les troncs centenaires, encore une fois gorgés de leur substance vitale...

On s'attend à voir ces essaims envahir le ciel, entre Carroussel et Palais du Louvre ; Léon BLOYE y eût vu " l'âme de Napoléon ".

Moi aussi peut-être bien, tout-à-l'heure...

Que se passait-il, en cette matinée du 7 avril 1806, aux Tuileries ?

Joséphine les traversa-t-elle, attentive elle aussi à ces "courants de nature", pour reprendre une expression naturaliste de l'époque, qui défient par leur éternelle répétition le temps humain, hélas si borné ?

La silhouette de l'Impératrice semble se dessiner devant moi, au fil de ma marche dans les allées, tandis que le soleil de onze heures se fait presqu'aveuglant et m'oblige à plisser les paupières, transformant les piétons du jardin en autant de formes humaines colorées et floues, déjà là peut-être il y a deux siècles.

Publié dans Littérature

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