Les hommes, moisissures superficielles...

Publié le par Michel M. Vital-Aêt

Stéphane HOFFMANN, journaliste au "Figaro littéraire" a eu récemment le privilège de consulter, à la bibliothèque de Lausanne, les sept gros classeurs contenant la totalité de la correspondance échangée durant 16 années par Jacques Chardonne et Paul Morand. (1)

On l'envie... car il est probable que ce type de consultation n'est réservée qu'à un petit nombre de spécialistes et chercheurs.

Stéphane HOFFMANN écrit dans son article à juste titre : " Nul doute (...) que cette correspondance ferait un excellent livre" et l'on se prend à espérer en effet qu'un jour viendra où, ainsi, sera permis au plus grand nombre l'accès à ces textes probablement exceptionnels.

En attendant, Le journaliste du Figaro nous a livré quelques perles, dont celle-ci que je fais figurer sur ce blog au rang de "citation du jour" :

"Heureux de quitter, non pas la terre, mais cette moisissure superficielle, les hommes."

La citation,  splendide et d'une saisissante misanthropie, est de Paul Morand, extraite non point d'une lettre à son ami Chardonne, mais de son "Journal inutile" qu'il ouvrira deux jours après la mort de Chardonne, décédé le 30 mai 1968, pendant la pseudo - révolution de mai.

Elle eût pu être conçue par Romain Gary, tant l'ironie et l'humour grinçant autant que désespéré qui l'imprègnent s'apparentent au style de l'auteur des "Racines du ciel".

Elle est aussi, surprenamment, très éloignée dans son inspiration littéraire des racines chrétiennes de Paul Morand : on est loin, là, de l'homme conçu par Dieu à son image...


(1) "Deux amis refont la littérature", article de Stéphane HOFFMANN in " le Figaro littéraire" du jeudi 27 avril 2006, page 7

Publié dans La citation du jour

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