Un antiquaire nommé LARCADE...

Publié le par Michel M. Vital-Aêt

L'un des petit-fils de Paul-Nassim VITAL-AÊT, François-Mourad, qui vit loin de France, quelque part en Amérique du sud, nous raconte aujourd'hui une histoire inédite, celle de l'aménagement dans la demeure d'El-Aïet, au Maroc, dans les années 20, d'une pièce immense où furent installés d'authentiques vestiges d'une abbaye du XIV ème ou XVème siècle achetés à un certain Édouard LARCADE, antiquaire français très connu.

Volées depuis, ces boiseries exceptionnelles, qui ne sont plus visibles, ont traversé la Méditerranée par bateau puis furent acheminées par caravane de chameaux jusqu'à El-Aïet : récit amusant et bref, qui contribue à perpétuer le souvenir des moments forts de la saga Vital-Aêt.

Mille mercis à François-Mourad d'avoir apporté sa pierre à l'enrichissement de notre mémoire collective.

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Paul-Nassim VITAL-AÊT, à qui l’on doit d’avoir transformé la propriété d’El Aïet, sut faire de cette bâtisse, qui avait été conçue comme une sorte de ferme fortifiée par Wolfgang Vital, une maison de maître confortable, remarquablement meublée, plus hospitalière et moins austère qu’elle ne l’était à sa construction.


Paul-Nassim VITAL-AÊT avait en particulier pris soin de transformer en profondeur la physionomie de la grande salle située au rez-de-chaussée, que Wolfgang avait vouée à un usage bien particulier : c’est là qu’il recevait ses métayers et ses nombreux ouvriers agricoles, avant et après les récoltes.

Les fellahs y venaient recevoir les consignes, palabraient souvent longuement avec lui qui se prêtait avec plaisir à cet exercice quasi-rituel dans une salle immense et rustique, aux murs de chaux, simplement décorée de tapis tant au sol que présentés en tentures, pour l’essentiel des chichahuas aux couleurs à dominante rouge vif.

L’idée de Paul-Nassim fut, sans renoncer à l’ usage de celle qui était dénommée «  salle des récoltes », de lui donner solennité et allure.

Il se mit en quête, dans les années 23-25, d’un ensemble de boiseries anciennes, venant de France où, lui avait-on dit, le commerce de celles-ci se faisaient chez quelques antiquaires très spécialisés.

Paul-Nassim rentra donc en contact avec un certain Edouard LARCADE, antiquaire à Paris, avec lequel il se lia d’amitié au point d’être reçu dans la propriété que celui-ci possédait sur les hauteurs de Nice, l’ancien monastère de Roseland, peu avant qu’il ne meure, en 1930 ou 1931 (?) : mon souvenir des dates est incertain.

C’est ainsi qu ‘au prix d’une expédition rocambolesque arriva à El-Aïet, un beau jour, soigneusement numérotées et emballées, une quarantaine de pièces qui, reconstituées comme dans un puzzle avec le concours de menuisiers arabes, prit son apparence originelle de stalles d’une abbaye cistercienne en ruine depuis la Révolution, dans l’ Yonne si mes souvenirs sont bons, qu’ Edouard LARCADE avait lui-même racheté à un descendant lointain de marchand de biens nationaux.

Il y avait 12 stalles et ces boiseries de couleur sombre avaient une caractéristique singulière : les deux premières à l’entrée à droite de la « salle des récoltes » comportaient des traces visibles d’un début d’incendie ancien ( peut-être à la Révolution ) qui les avait noircies et avait endommagé certaines des frises qui les décoraient.

Paul-Nassim institua la tradition, perpétuée par le régisseur du domaine jusqu’au vol de ces belles boiseries en 1958, alors que la propriété était inoccupée, de faire asseoir les fellahs, par ordre d’âge, dans chacune des stalles, ce qui était par eux pris pour une marque d’attention et de considération à leur égard.

Amusant usage contemporain, pour ces stalles naguère utilisées pour les messes et prières dans le chœur d’une abbaye, que d’accueillir des musulmans dont quelques hadj, pour des débats agricoles et mercantiles sur le niveau et la qualité des récoltes du domaine !

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Bernard DONNEES 06/09/2006 17:58

Messieurs, Votre article sur la transaction entre Edouard Larcade et l'un des descendants de Wolfgang Vital, alors propriétaire du domaine d'El-Aïet au maroc, a été d'une grande utilité pour la compréhension de l'activité de marchand d'art d'Edouard Larcade.En effet, la mairie de Nice, propriétaire des lieux a été informée de cet épisode de l'activité d'Edouard larcade par le responsable d'une association qui agit pour la sauvegarde et la promotion de lieux emblématiques tels que l'abbaye de Roseland ou la villa Ephrussi de Rotschild, Olivier dont on peut consulter le site web qu'il enrichit régulièrement sur ces questions patrimoniales : www.villaephrussiderothschild.com CordialementB.DONNEES

Bernard Donnees 07/08/2006 16:40

messieurs Vital-Aêt, Votre histoire est passionnante ainsi que votre blog.l'abbaye de Roseland existe tjs à nice mais il ne s'agit pas d'un monastère ni d'ailleurs d'una abbaye : c'est une belle demeure très ancienne que la ville a laissé longtemps s'effondrer avant qu'elle ne soit classée monuiment hstorique et que le minimum soit fait pour la maintenit "debout".En tous cas elle est visible et la mémoire de larcade grace à vous et qques autres entretenue.