Agences de notation : quand nos hommes politiques légitiment leur rôle en voulant faire l'inverse...

Publié le par Michel M. VITAL-AÊT

Ce qui est stupéfiant à observer, dans le débat national né de la dégradation de la note de la France par Standards & Poors,, c’est l’incroyable légitimation du rôle des agences de notation financières que, très paradoxalement, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont favorisé par leurs déclarations sur l’importance pour la France de conserver son triple A, puis par l’immédiateté de réaction de son Premier ministre et de son ministre de l'économie et des finances à la décision prise par S&P. Ce qui est tout aussi stupéfiant, c’est celle, aussi immédiate, des dirigeants du PS, dont on conçoit bien, certes, l’intérêt politique à court terme, mais qui, à moyen terme, est évidemment imprudente, car si le candidat socialiste François HOLLANDE venait à gagner l'élection présidentielle, il viendrait à se trouver prisonnier des déclarations qu’il a faites à ce sujet, en ce qu’elles légitiment elles aussi la capacité d’analyse des agences. Au fond, Jacques ATTALI avait raison l’an dernier, dans un livre, de prédire que les agences de notation (et ce sera vrai aussi pour les agences de notation extra financières) prendront une place décisive au XXIème siècle dans la conduite de l’économie mondiale. La qualité du travail fourni par les agences est inégal, mais les fondamentaux d’analyse qu’elles appliquent sont pour l’essentiel cohérents. Il est néanmoins regrettable que les agences ne fassent pas la transparence sur les critères d’analyse qu’elles appliquent à l’étude de la solidité financière des organisations qu’elles observent. C’est là-dessus que nos hommes politiques devraient se montrer exigeants vis-à-vis de ces organismes privés, et que les organisations internationales de type OCDE, UE, etc. devraient, sous la pression des Etats et de leurs gouvernements, édicter sur ce plan des règles conformes à une éthique internationale du fonctionnement des notateurs.

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